Entre deux récits d’Hellboy, Mignola se fait une petite pause (toujours chez Dark Horse en VO) dans un one-shot pas aussi surnaturel que cela en a l’air.

Hyperborea, il y a 42000 ans. Des sorciers, menés par une prêtresse, récitent des incantations dans une langue aujourd’hui perdue, au-dessus d’un sarcophage. D’un seul coup, tous disparaissent, ainsi que l’être maléfique qui les surveillait dans l’ombre. A la place : des cendres sur le sol et un talisman incrusté dans le couvercle.
Un musée du Massachusetts, de nos jours. Miss Dean veut inspecter un sarcophage hyperboréen ramené par son père lors d’une de ses expéditions. Seulement, suite à divers problèmes bizarres rencontrés depuis l’arrivée de l’objet, le directeur du musée a fait appel à une équipe d’experts : un major « so british » spécialiste de l’occulte, un aveugle avec des pouvoirs paranormaux, un géant balafré et musculeux et une jeune femme portant aussi bien les chaussures à talon que les flingues. Se rendant compte que la momie et un de ses objets avaient été retirés du sarcophage, ils fouillent le musée et se font alors attaquer par d’autres personnes en bandelettes. Un nom leur vient aux lèvres : Azzul Gotha, le plus redouté des anciens nécromanciens hyperboréens.

Suite à la lecture de la chronique de The Amazing Screw-On Head, je me suis dit : « Tiens, j’ai déjà vu ça quelque part ». En effet, il s’avère que Zombies semble être dans la même veine que ce dernier. Le côté sérieux du premier abord (on y croit vraiment) disparaît au fil des pages : des incantations magiques qui se trouvent inefficaces (d’autant plus marrant que le seigneur des zombies ou le major étaient très sérieux), Azzul Gotha amoureux transi à friser le ridicule … De plus, on a droit à quelques pages dignes de La nuit des morts-vivants ou des films d’horreur italiens des seventies. Bref, on ne s’ennuie pas dans cette soixantaine de pages, Mignola nous gratifiant même d’une dose de drame avec un final plutôt inattendu.

Bien que l’édition américaine soit en couleur, Albin Michel a choisi le noir et blanc. Pas dérangeant pour ce comic, avec un dessinateur comme Pat McEown au style très européen. Les dessins sont plus arrondis et moins sombres que ceux de Mignola. Des décors, mais sans exagération, ce qui donne un effet très aéré et très facile à lire.
L’humour est aussi très bien rendu que se soit par les expressions des visages ou par la retranscription des attitudes. A noter que la couverture est réalisée par Mignola.

Cet album est sorti en 1998 (grand format franco-belge, couverture souple) mais ne doit plus être disponible en librairie. Dommage, car il mérite le détour. Même s’il m’a fallu deux lectures pour vraiment apprécier la fin, les fans comme moi de Mignola « le scénariste » (c’est d’ailleurs son nom qui m’a fait acheter cet album dont je ne connaissais pas l’existence) sauront apprécier cette petite récréation. Fouinez chez les bouquinistes !

Parution française dans Zombies : le maître des vers aux éditions Albim Michel

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