« Elle pète les plombs ! Elle guette les cons ! Elle allaite comme une bête ! Elle fume comme un pompier ! Elle pompe comme un fumier ! C’est la dernière personne au monde à qui on voudrait confier des super-pouvoirs ! Elle est… La Pro »
Accroche de 4ème de couverture.

Orbite terrestre année 2002. Le Voyant et son acolyte observent les terriens. Le Voyant affirme que tout terrien peut devenir un héros, même la pire personne en apparence. Son compagnon Robot affirme le contraire. Afin de passer le temps, ils parient et le voyeur désigne une femme. Cette femme est une prostituée, mère d’un gamin qui ne fait que hurler et semble en avoir bien bavé. Un matin après une dure journée de travail, elle se réveille avec des pouvoirs et un groupe de super justiciers (Le Saint, Le King, Le Sous-fifre, La Dame, Citron Vert et Speedo) qui veulent l’enrôler dans leur ligue d’Honneur. La Fille refuse ayant un boulot à MacDo à assurer et un autre plus tard un peu moins légal. Bien évidemment une rétribution de la part de la ligue la fait changer d’avis. C’est alors un combat de tous les instants pour La Pro (son nom de code) aussi bien contre les ennemis de la Ligue que contre ses propres co-équipiers. Son comportement et son vocabulaire étant bien loin de ceux de nos justiciers en collants. Malgré leurs nombreuses différences, les super-héros de la ligue arriveront-ils à l’accepter ? Deviendra-t-elle une vraie héroïne ?

Que se passe-t-il lorsque Garth Ennis se lâche sur les super-héros ? Il se passe le pire. La Pro est un condensé de sa haine pour les encapés et le mainstream qu’il trouve bien trop lisse (sauf le Punisher). Au premier degré, ce comic n’est qu’un ensemble de scènes vulgaires, avec un langage qui ferait pâlir un charretier. Malgré tout c’est très drôle, la caricature de la JLA est superbe et drôle. Une scène entre La Pro et le Saint (parodie de Superman) est à mourir de rire, comme la mort de Citron Vert, on se demande comment certains scénaristes n’y ont pas songé auparavant. Mais voilà ce n’est pas que ça, derrière on peut voir une critique de ce que représente les super-héros classiques, de leur place dans la société et des changements qu’ils apportent au monde.
Ennis nous montre aussi que tout le monde peut devenir un super-héros, même ce qui semble être le pire de tous les super-héros. Elle profite de ses pouvoirs pour se faire du fric, se venger, elle ne respecte aucune règle.

Amanda Conner assure la partie graphique avec son trait habituel. Le tout s’emboîtant fort bien avec le ton du récit.

Mon avis : Voilà une mini-série unique bien gore ou Ennis crache toute sa haine du Héros basique sans aucune retenue (que les fans d’Authority se rassurent, La Pro est encore plus provocant et trash que tous les runs d’Authority mis bout à bout).

Sortie aux Editions USA cette BD n’est pas à mettre entre toutes les mains, âmes sensibles s’abstenir, accros du décapant Ennis ou du bon gore trash, ruez-vous sur cet album.