J’attendais de lire ce crossover avec impatience, avec dans l’idée de rédiger une petite chronique de derrière les fagots, bien ironique comme tout. Et puis pas de chance, ca sera pour une autre fois, car ce crossover mérite le coup d’oeil.

En général, il n’y a pas grand chose à attendre d’un crossover : un entreprise commerciale conçue par deux éditeurs afin de profiter un maximum de la notoriété de leurs personnages.

C’est donc d’un oeil suspicieux que j’ai entrepris la lecture de cet étrange Batman-Tarzan : Claws of the Catwoman. Comment les auteurs allaient-ils pouvoir s’accomoder d’un héros urbain par excellence (Batman) et d’un personnage sauvage (Tarzan) ?
Et bien figurez-vous qu’en fin de compte le tout passe très bien : le milliardaire Bruce Wayne inaugure une aile de son musée consacrée à l’Afrique et ses mystères. Lord Greystoke vient à Gotham pour enquêter sur des pillages d’anciens temples africains. L’affaire se complique quand une femme-chat menace de cambrioler le musée : pourquoi est-elle là ? Qui l’envoit ? Et est-elle réellement une ennemie ?

Si l’histoire débute à Gotham selon un schéma classique (les 2 héros se rencontrent et se méfient l’un de l’autre) ; l’histoire dévie rapidement (au bout du deuxième épisodes des 4 que comprend le crossover) pour devenir un hommage aux pulps d’aventures des années 30 : exotisme, cités perdues et mystérieuses, peuples inconnus, héros triomphants, demoiselles en danger, méchants sadiques, trésors, cliffhanger etc … Vous aimez Les aventuriers de l’Arche Perdue ? Ce crossover est pour vous !

Mine de rien, l’idée de faire de Batman et Tarzan des prédateurs chacun dans leur milieu est séduisante : on bascule ainsi d’un Greystoke mal à l’aise dans les réceptions mondaines à un Batman confronté à la jungle et ses dangers.

Ron Marz, le scénariste, développe la thématique des milieux et de leurs prédateurs, associant Batman à la ville, et bien entendu Tarzan à la jungle. La fin, très fidèle à cette idée, est particulièrement enthousiasmante, car elle s’éloigne des stéréotypes et de la mièvrerie habituellement vue dans les crossovers. A noter, enfin, que Ron Marz évoque sans détour la solitude sentimentale du justicier de Gotham qui se doit corps et âme à son combat.

Si les dessins d’Igor Kordey (dernièrement vu dans New X-Men) vous gênent, ils apportent pourtant une rudesse et une vigueur inattendue, et au bout du compte « collent » parfaitement à l’atmosphère du récit.

M’en voilà donc à vous conseiller la lecture de ce Batman-Tarzan, qui vaut donc bien plus que ce que la seule lecture de son titre pouvait laisser supposer !

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