Créer un bon comics d’épouvante n’est pas simple. Voilà un genre où le pire côtoie souvent le meilleur. Coup de chance, 30 Days of Night fait parti du meilleur.

Pour arriver à leur fin (nous faire frémir), Steve Niles et Ben Templesmith décrivent une petite ville d’Alaska plongée dans l’obscurité (la nuit dure une trentaine de jours, d’où le titre) envahit par une horde de vampires affamés et sadiques. Le scénariste procède par petites touches, et nous montrent un couple d’agent de police qui découvrent que tous les moyens de communication de la ville sont peu à peu coupés.

Les dialogues comptent beaucoup dans la réussite de l’entreprise ; ici ils sonnent justes, rendent crédible l’atmosphère oppressante et apportent de nombreuses informations au lecteur. Informations d’autant plus nécessaires, que les dessins lorgnent vers un style proche d’Ashley Wood (qui signe les couvertures). Les amateurs de réalisme en seront pour leur frais, avec des dessins obscurs, parfois brouillons, mais toujours en adéquation avec le sujet. Ben Templesmith y perd en lisibilité ce que l’on gagne en sensation de froid, d’horreur, de désespoir. Le rouge sang tranche littéralement sur le blanc bleuté de la neige. Certains vampires transpirent véritablement une impression de malsain, telle cette petite fille aux dents aiguisées comme des lames de rasoirs. Les artistes ont su se transcender et combiner leurs talents pour nous permettre de plonger dans cet enfer nocturne.

Certaines scènes sont véritablement passionnantes, comme lorsque le shérif observe aux jumelles l’approche d’une horde de monstres ; ou quand V., chef des vampires, vient par ses décisions chambouler un récit et nous plonge dans l’inquiétude : vous pensiez que la situation ne pouvait empirer ? Vous vous trompiez … 30 Days of Night a le mérite de dépoussiérer le mythe du vampire en proposant des idées fraîches, nouvelles et parfois même inédites. L’angoisse monte inexorablement crescendo jusqu’à un final émouvant et sans concessions.

Alors certes, ce comics a bien quelques petits défauts comme la présence d’une intrigue secondaire qui alourdi inutilement le récit ou bien le manque de clarté de certaines cases. Mais l’histoire est si bien construite qu’on y prend bien du plaisir. La qualité du script n’aura d’ailleurs pas échappé aux compagnies hollywoodiennes puisque les droits d’adaptation de cette mini-série se sont disputés à un million de dollar. Bref, cette histoire d’horreur sonne maintenant plus comme un conte de fée pour ses auteurs et Sam Raimi, le réalisateur de Spider-Man (et d’Evil Dead par le passé), est pressenti pour réaliser l’adaptation sur grand écran ! En attendant, dévorez sans plus attendre cette série. Une fois digéré le troisième et dernier volume, on se dit qu’on aurait bien rempilé pour un ou deux de plus.

Publication française dans 30 jours de nuits aux éditions Delcourt.

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